Supervision de formateurs ou de responsables : prendre du recul après la formation
Après la formation, le terrain commence : pourquoi proposer un temps de supervision ?
Une formation de formateur ou une formation de responsable d’équipe peut apporter beaucoup : des repères, des outils, des méthodes, des idées à tester et parfois même un regain de confiance.
Puis vient le retour sur le terrain.
Il y a cette première séance à animer. Cette réunion d’équipe à conduire. Ce groupe qui ne réagit pas comme prévu. Cette activité préparée avec soin qui ne fonctionne pas vraiment. Cette personne qui prend beaucoup de place. Ou, au contraire, ce silence qui s’installe et dont on ne sait plus très bien quoi faire.
C’est souvent à ce moment-là que les vraies questions commencent.
La formation a donné des outils. Le terrain, lui, les met à l’épreuve.
C’est là que la supervision peut prendre tout son sens.
Après la formation, les questions arrivent souvent
Pendant une formation, les participants prennent le temps de réfléchir à leur posture, de découvrir des méthodes actives, de tester des outils et d’échanger avec d’autres professionnels.
C’est un temps précieux. Mais une formation ne peut pas prévoir toutes les situations que l’on rencontrera ensuite.
Chaque public est différent. Chaque groupe a sa dynamique. Chaque structure a son fonctionnement, ses contraintes, son histoire. Ce qui a très bien marché dans un contexte peut demander à être adapté dans un autre.
Après une formation, il est donc fréquent de se retrouver face à des questions très concrètes :
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Comment faire participer un groupe peu engagé ?
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Comment réagir lorsqu’une personne monopolise la parole ?
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Comment garder un cadre clair sans devenir trop rigide ?
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Que faire lorsqu’une activité ne produit pas l’effet attendu ?
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Comment gérer une tension ou un désaccord dans une équipe ?
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Comment trouver sa place lorsque l’on devient formateur ou responsable ?
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Comment prendre du recul après une séance qui nous laisse insatisfait ?
Ces questions ne signifient pas que l’on est « mauvais » formateur ou mauvais responsable. Elles font partie de l’apprentissage du métier.
Apprendre à animer, à accompagner ou à manager ne consiste pas seulement à connaître des méthodes. Cela demande aussi de pouvoir observer ce qui se passe, comprendre les dynamiques en jeu et ajuster progressivement sa pratique.
La supervision : un espace pour ne pas rester seul
La supervision est un temps d’accompagnement centré sur des situations professionnelles réellement vécues.
Elle n’est ni une inspection, ni une évaluation, ni un contrôle hiérarchique. Elle ne consiste pas non plus à donner des recettes toutes faites ou à expliquer à une personne ce qu’elle aurait « dû » faire.
La supervision propose plutôt un espace pour prendre du recul.
À partir d’une situation précise, il devient possible de regarder autrement ce qui s’est passé :
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Ce que j’ai observé dans le groupe ou dans l’équipe.
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Ce que j’ai ressenti à ce moment-là.
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Ce que j’ai essayé de faire.
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Ce qui a fonctionné, même partiellement.
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Ce qui m’a mis en difficulté.
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Les contraintes liées au contexte.
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Les ajustements possibles pour la prochaine fois.
Parfois, le simple fait de pouvoir raconter une situation sans être jugé permet déjà de se sentir moins seul. La supervision aide à sortir de la rumination et à remettre les choses en mouvement.
Elle ne fait pas disparaître tous les imprévus. En revanche, elle peut permettre de mieux les comprendre et de retrouver une marge de manœuvre.
La formation donne des repères, la supervision aide à les faire vivre
C’est dans cette continuité que je propose des temps de supervision après une formation.
Lorsqu’une personne a suivi une formation de formateur ou une formation de responsable d’équipe, elle repart souvent avec des outils et l’envie de les mettre en pratique.
Mais entre ce que l’on imagine pendant la formation et ce qui se passe réellement sur le terrain, il y a parfois un écart.
Un outil peut avoir besoin d’être adapté. Une consigne peut ne pas être comprise comme prévu. Un groupe peut résister à une activité. Une situation peut réveiller une difficulté personnelle ou professionnelle. Un responsable peut devoir trouver le juste équilibre entre écouter son équipe, décider et poser un cadre.
C’est normal.
Le terrain ne se laisse pas toujours prévoir.
La supervision permet alors de faire le lien entre les apports de la formation et la réalité du quotidien. Elle aide à transformer une expérience parfois inconfortable en occasion d’apprentissage.
Il ne s’agit pas d’appliquer une méthode parfaite. Il s’agit de trouver une manière d’agir qui soit cohérente avec son contexte, son public, son cadre professionnel et sa personnalité.
Comment se déroule une séance de supervision ?
Une séance de supervision part généralement d’une situation vécue récemment.
Il peut s’agir, par exemple :
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D’une formation durant laquelle le groupe est resté très passif.
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D’une séance qui a été bousculée par des imprévus.
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D’un conflit ou d’une tension entre participants.
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D’un moment où le cadre a été difficile à tenir.
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D’une réunion d’équipe qui n’a pas produit les effets attendus.
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D’une difficulté à prendre sa place dans un nouveau rôle de formateur ou de responsable.
La personne présente la situation avec ses mots, à partir de ce qu’elle a vécu. Nous reprenons ensuite le déroulé ensemble, sans chercher immédiatement une solution.
L’objectif est d’abord de comprendre.
Qu’est-ce qui s’est joué dans cette situation ? Quels éléments étaient visibles ? Quels éléments étaient peut-être moins visibles ? Quelles attentes étaient présentes ? Quelles contraintes ont eu un impact ? Qu’est-ce qui aurait pu être fait autrement ? Qu’est-ce que la personne souhaite essayer lors d’une prochaine séance ?
Le questionnement permet de prendre de la hauteur. Il ouvre d’autres points de vue et aide à faire émerger des pistes concrètes.
Mon rôle n’est pas de faire à la place de la personne que j’accompagne. Je propose un cadre d’écoute, de réflexion et de questionnement. J’apporte aussi, lorsque cela est utile, des repères issus de mon expérience de l’animation, de la formation et de l’accompagnement.
Les solutions se construisent toujours à partir de la réalité de la personne, de son public et de son environnement professionnel.
Un exemple de situation
Imaginons une formatrice qui vient d’animer une première session après avoir suivi une formation pour concevoir et animer des formations.
Elle avait préparé une activité participative. Pourtant, le groupe est resté silencieux. Deux personnes ont pris beaucoup de place. La formatrice a eu le sentiment de perdre le fil et a écourté l’activité.
Après la séance, elle se dit : « Cette activité ne fonctionne pas » ou « Je ne suis pas faite pour animer des groupes ».
En supervision, nous pouvons reprendre la situation plus précisément.
Le groupe se connaissait-il déjà ? La consigne était-elle suffisamment claire ? Le temps prévu était-il adapté ? Les participants comprenaient-ils l’intérêt de l’activité ? Qu’est-ce qui a tout de même fonctionné ? À quel moment la formatrice s’est-elle sentie en difficulté ? Qu’aurait-elle besoin d’essayer différemment la prochaine fois ?
Il ne s’agit pas de conclure que l’activité était bonne ou mauvaise, ni de juger la formatrice. Il s’agit de comprendre ce qui s’est passé dans ce contexte-là et de préparer des ajustements réalistes.
Peut-être faudra-t-il modifier la consigne, changer la répartition des groupes, mieux expliciter l’objectif, proposer un temps individuel avant un échange collectif ou ajuster le rythme de la séance.
C’est cette réflexion, à partir du réel, qui permet progressivement de gagner en confiance et en souplesse.
Pour les formateurs comme pour les responsables
La supervision peut s’adresser aux formateurs, aux formateurs occasionnels, aux tuteurs, aux responsables d’équipe, aux coordinaterus et aux professionnels qui accompagnent des groupes ou des équipes .
Les situations ne sont pas les mêmes, mais certaines questions se rejoignent :
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Comment créer des conditions favorables à la participation ?
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Comment faire vivre un cadre collectif ?
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Comment prendre en compte les besoins de chacun sans perdre le groupe ?
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Comment réagir face aux tensions ?
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Comment ne pas tout porter seul ?
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Comment faire évoluer sa posture au fil de l’expérience ?
Dans les métiers de la formation, de l’accompagnement et de la responsabilité d’équipe, nous sommes souvent sollicités pour soutenir les autres. Prendre un temps pour réfléchir à sa propre pratique n’est pas un luxe. C’est une manière de continuer à apprendre, de préserver son énergie et de mieux accompagner les personnes dont nous avons la responsabilité.
Concevoir, expérimenter, ajuster
La formation permet d’acquérir des repères et d’élargir sa boîte à outils. La supervision offre un espace pour les expérimenter, les questionner et les adapter.
Ces deux démarches sont complémentaires.
Vous souhaitez développer vos compétences pour créer des formations plus vivantes, participatives et adaptées à vos publics ? Découvrez la formation pour concevoir et animer une formation.
Vous avez déjà suivi une formation, vous commencez à expérimenter sur le terrain et certaines situations vous questionnent ? La supervision peut vous aider à prendre du recul et à avancer sans rester seul face aux difficultés rencontrées.
Envie d’échanger sur votre pratique ?
Je propose des temps de supervision pour accompagner les formateurs et les responsables après une formation ou à partir de situations professionnelles qui les interrogent.
L’objectif n’est pas de trouver une réponse toute faite. C’est de prendre le temps de comprendre ce qui se joue, de mettre des mots sur une difficulté et d’identifier des pistes d’action adaptées à votre réalité.
Vous souhaitez faire le point sur une situation rencontrée sur le terrain ou envisager la mise en place de temps de supervision ?
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